Ou comment arrêter de se mettre la pression

Lorsqu’on essaie de vivre avec moins de stress, on a tendance à chercher les responsables hors de soi. On se dit que c’est la faute de notre boss ou de nos clients (qui veulent tout pour hier), des enfants, des journées qui ne durent que 24 heures, des réseaux sociaux sur lesquels on perd trop de temps, etc.

Alors oui, il y a un peu de tout ça. Mais pas seulement. La pression, c’est aussi nous qui nous la mettons, par le langage que nous employons.

J’en ai pris conscience le jour où j’ai dit à une copine que j’allais vite faire une heure de yoga. Elle m’a répondu du tac au tac que franchement, soit je la faisais tranquillement, cette heure de yoga, ou je ne la faisais pas. Mais que c’était débile, voire contre-productif, de la faire « vite ».

Réalisant qu’elle avait parfaitement raison, je me suis livrée à une petite expérience. J’ai compté le nombre de fois où j’employais le mot « vite » chaque jour pendant une semaine, pour voir. Je pensais arriver à une dizaine.

En réalité, j’étais plus près de cinquante !

J’ai répété l’exercice avec « il faut », puis avec « je dois ».

J’ai oublié les chiffres – l’expérience remonte à une bonne vingtaine d’années – mais il était impressionnant.

Depuis, j’ai débarrassé mon langage de ces formules.

C’est tout bête, mais ça vous sort de l’idée que vous subissez les choses. Vous reprenez la main sur votre vie.

Je ne vais pas vous mentir : il m’arrive encore d’employer ces « stresseurs ».

Mais ils ne passent plus inaperçus.

Mieux : ils me servent de météo intérieure. Lorsqu’ils reviennent un peu trop souvent dans mes phrases, une petite lumière rouge s’allume dans ma tête, me signalant que ce serait le moment de lever le pied.

En pratique…

  • Pendant une semaine, repérez les « stresseurs » qui reviennent dans vos phrases. Dans un premier temps, faites une mini pause et reformulez dans votre tête.
  • Dans un deuxième temps, lorsque vous remarquerez que vous en utilisez un, faites une pause un peu plus longue et prenez le temps de voir si vous ressentez quelque chose de spécial dans votre corps – une sensation de fermeture dans le ventre ou la poitrine, pression ou chaleur dans la tête, autre chose ? Cela vous donnera une indication supplémentaire sur votre état intérieur et vous permettra, à la longue, de repérer les poussées de stress assez tôt pour les prévenir.
  • Enfin, et petit à petit, privilégiez les variantes imaginées plus haut. Mais cela ne va pas se faire en un jour, faites preuve d’indulgence envers vous-mêmes! Continuez à noter, souriez et poursuivez votre journée.
  • Gardez en tête que pour changer votre façon de voir les choses, rien de tel que de travailler sur votre manière de vous les raconter. Il en est aussi question dans ce post!