Comment bien respirer (Bonus : une technique pour s’endormir et déstresser rapidement)

La question peut paraître étrange puisque, a priori, ça se fait sans que l’on ait besoin d’y penser.

Effectivement, le diaphragme – le muscle sous nos poumons – s’active tout seul. Quand il se relâche, ils se remplissent d’air. Cela permet au sang de s’oxygéner. À l’inverse, lorsqu’il se contracte, ils se vident et les capillaires se débarrassent de l’air chargé de CO2. Tout ça à peu près 20 000 fois par jour.

D’où l’importance de respirer correctement.

C’est ici que les choses se corsent. D’abord parce que, lorsque l’on reste longtemps en position assise, on a tendance à respirer avec la cage thoracique plutôt qu’avec le ventre. Rien de dramatique, mais on passe à côté de tous les bénéfices d’une respiration abdominale, comme le massage des organes.

Mais surtout, on respire souvent trop vite et trop brièvement. Exactement comme lorsque l’on se trouve face à un danger. C’est plus ennuyeux, car ce type de respiration envoie un message d’alerte au cerveau, qui se met illico en mode « stress ».

La bonne nouvelle c’est qu’il est facile d’agir sur les mouvements du diaphragme. On peut allonger ses inspirations et ses expirations, voire les suspendre. On abaisse ainsi son niveau de tension, on fait retomber la pression.

En yoga, cette « discipline du souffle » s’appelle pranayama. Elle permet de contrôler le prana – notre énergie vitale, en sanskrit. Pas besoin d’effectuer des exercices compliqués pour en ressentir les bienfaits (sauf si cela vous amuse ou vous intéresse, évidemment), vous pouvez essayer celui-ci – il ne vous prendra que deux minutes !

Avant de commencer, asseyez-vous dans un endroit où personne ne viendra vous déranger. Votre chambre ou votre bureau feront très bien l’affaire si vous pouvez en fermer la porte, sinon pourquoi pas les WC ! Veillez à avoir les pieds bien posés à plat sur le sol et le dos droit. Prenez contact avec votre diaphragme et laissez votre ventre se gonfler à l’inspiration. Si cela vous paraît bizarre, exagérez le mouvement – nous sommes tellement habitués à rentrer le ventre que cela peut être franchement déroutant. Faites cela trois ou quatre fois, bâillez si nécessaire.

En pratique

Vous voilà prêt-e pour attaquer l’exercice proprement dit :

  • inspirez en comptant 4 temps ;
  • retenez votre respiration à poumons pleins sur 4 comptes ;
  • expirez toujours sur 4 temps ;
  • retenez votre souffle à poumons vides également sur 4 comptes.

Répétez le cycle en entier au minimum 5 fois de suite, puis retrouvez votre respiration naturelle. Avant de vous lever, n’hésitez pas à vous étirer, à bâiller et à soupirer !

Je fais cela avant un rendez-vous important, avant de donner un cours ou de parler en public. Et à chaque fois que je me sens un peu stressée (encore faut-il en avoir conscience, on en reparlera!)

L’essentiel, si vous vous perdez en route, c’est de ne pas vous prendre la tête. Vous laissez tout simplement quelques respirations se faire naturellement avant de continuer l’exercice. Si, comme le mien, votre esprit a tendance à vagabonder, vous pouvez fermer les yeux et visualiser un carré. Chaque partie du cycle forme l’une de ses faces. Si cela ne marche pas pour vous, vous pouvez tout à fait imaginer autre chose, évidemment.

Cela peut aussi vous aider à vous (ré)endormir. Surtout si vous allongez les cycles – passez à 5 comptes, puis 6 et 7, avant de revenir en arrière, et ainsi de suite. À chaque fois que vous vous perdez en route, vous laissez une ou deux respirations naturelles se faire et vous recommencez. Il n’y a rien à réussir, pas de défi. N’essayez même pas de vous détendre ou de trouver le sommeil. Contentez-vous de respirer.

C’est déjà pas mal.

→ Envie de prolonger l’expérience ? Il est aussi question de respiration ici !